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ALSA-PISCI-PROTEC, pour la protection des étangs

Origine de la méthode:

Utilisée pour la première fois dans les pays scandinaves, cette méthode a été conçue pour sécuriser les décharges à ciel ouvert. Elle a permis d’éviter la dispersion des déchets par les oiseaux (goélands, mouettes…). Ce dispositif, constitué d’une protection horizontale réalisée en filins métalliques permet de couvrir des surfaces importantes. D’une parfaite efficacité, il présente toutefois de nombreux problèmes de mise en œuvre et de robustesse : poids, élasticité des câbles et coût élevé.

Ce système a été amélioré par des piscicultures québécoises en remplaçant les câbles d’acier par des lignes de pêche à la morue. Le principal inconvénient est la diminution constante de la tension initiale des lignes par les intempéries.

Plus récemment en France, quelques piscicultures ont testé la protection horizontale avec des monofilaments en Perlon ® engendrant une déformation des structures porteuses suite aux contraintes de charge sur les supports de l’ossature.

Améliorations apportées par le GORNA:

Afin de parfaire et d’uniformiser les méthodes antérieures, le nouveau concept intègre des solutions essentielles garantissant l’efficacité et la durabilité de ce type d’installation :

  • La conception de soubassements proportionnés aux importantes contraintes mécaniques générées par les monofilaments tendus individuellement à 15 kg et adaptés à la nature des sols généralement de faible portance puisque situés aux abords des cours d’eau.
  • La standardisation et le renforcement mécanique des mâts supports de la structure porteuse
  • La simplification de la mise en œuvre des protections horizontales et verticales au moyen novateur d’une unique pièce polyvalente spécialement conçue à cet effet par le GORNA.
  • La protection des hauts de mâts supports par un dispositif dissuasif destiné à éviter le stationnement des oiseaux sur ces perchoirs improvisés et donc à considérablement limiter la possibilité de projections de déjections dans l’eau des bassins, source potentielle d’épizootie.
  • La possibilité de fabrication industrielle en série de la structure induisant ainsi une diminution des coûts de l’installation.

Le nouveau concept « ALSA-PISCI-PROTEC » a été déposé par le GORNA à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) et a été officiellement enregistré le 21 juin 2011 sous la référence 41973.

Description du dispositif « ALSA-PISCI-PROTEC »:

En cours d’expérimentation depuis l’achèvement de ses travaux en mars 2012, la structure s’étend sur une surface totale de 4875 m2. Elle est constituée d’une ossature métallique à châssis en câbles autoportés avec protection horizontale par 45 000 mètres linéaires de monofilaments de 2 mm de diamètre espacés de 10 à 12 cm au maximum et latérales par filets PEHD traités anti-UV en mailles 5×5 cm.

Pour voir les expérimentations préliminaires pour la protection des étangs d’élevage, cliquez ici!

L’étude d’efficacité de ce prototype est encore en cours, toutefois, les premiers résultats de sont très encourageants et correspondent aux critères établis par le cahier des charges.

Conformité au cahier des charges:

1. Sécurité optimale de l’avifaune:

Afin d’être suffisamment représentative, la période de l’étude d’efficacité incluait deux passages migratoires des balbuzards pêcheurs, au printemps, du 17 mars au 28 avril et à l’automne, du 13 septembre au 6 octobre.

Depuis la mise en service du prototype, aucune mortalité n’a été constatée et aucun animal n’a été blessé.

Contrairement à la couverture des bassins par des filets à grandes mailles, la sécurisation horizontale par monofilaments tendus parallèlement permet d’éviter tout enchevêtrement des oiseaux.

Le reflet par irisation sur les fibres de protection crée un avertisseur visuel et dissuade les oiseaux de toute tentative d’intrusion dans la structure.

Testé par nos soins lors de précédentes expériences, la protection latérale, réalisée en filet à petites mailles de 5×5 cm n’engendre aucun risque pour la faune.

Tous les poteaux de la structure de soutènement sont obturés sur leur partie supérieure par des bouchons à ailettes afin d’éviter toute mortalité des espèces cavernicoles (problème des poteaux téléphoniques).

 

2. La protection des bassins contre la prédation des espèces piscivores:

Aucune perte directe ou indirecte dans les bassins sécurisés par le nouveau concept n’a été constatée durant les six premiers mois d’étude. L’intégralité de la production a été préservée.

Pendant cette période, seuls cinq individus ont réussi à pénétrer dans l’enceinte, deux cormorans par la partie supérieure et trois hérons par les parties latérales. Toutefois, le stress généré à ces oiseaux par le sentiment d’insécurité lié à la captivité a évité toute tentative de prédation.

Dans le cadre des améliorations prévues, les filets latéraux seront lestés et le soutènement des câbles d’accroche de la protection périphérique sera renforcé par des supports amovibles.

Une cause probable de l’intrusion du cormoran par la partie supérieure serait liée à leur faible acuité visuelle. Afin de vérifier cette hypothèse et d’apporter une amélioration technique à ce problème, une étude particulière va être établie sur les bases de thèses réalisées par des chercheurs anglo-saxons.

 

3. Préservation de l’écosystème du site et intégration paysagère des équipements:

Situé en zone classée Natura 2000, il était extrêmement important de minimiser les risques d’impact sur l’environnement naturel par la construction de telles structures.

Cette solution préserve l’insolation naturelle du sol et n’occasionne aucune variante pluviométrique. Elle n’a donc aucune incidence sur la flore et les micro-organismes présents à l’origine.

L’écartement des fibres constituant la protection horizontale permet l’accès aux bassins à de nombreuses espèces d’oiseaux de petite taille, notamment des passereaux insectivores ou granivores.
Les mailles des filets latéraux permettent également le passage des différents insectes, reptiles et batraciens.

De part sa constitution fortement ajourée, l’impact visuel est très faible. Par souci d’économie, la protection anticorrosion de l’ossature métallique a été réalisée par galvanisation à chaud. Il est toutefois possible d’améliorer son intégration paysagère par un revêtement thermolaqué disponible dans plusieurs tons naturels (vert foncé, marron…).

4. Réduction des risques d’épizooties:

Les oiseaux piscivores étant considérés par le Ministère de l’Agriculture comme vecteurs passifs dans la transmission de certaines maladies (SHV et NHI), il convenait de porter une attention toute particulière à ce volet sanitaire.

Certaine piscicultures, sans preuve formelle de contamination aviaire, ont déjà été confrontées à des épizooties qui ont anéanti la totalité de leur production et mis en péril la survie de leur exploitation (piscicultures d’Abreschviller en Moselle courant avril 2011).

Les blessures dues au contact avec les becs ou les serres ainsi que les projections d’eau ou de particules végétales provenant du plumage des oiseaux sont identifiées comme causes potentielles de contaminations virales et bactériennes. Les projections de déjections dans l’eau des bassins sont également source de parasitoses.

La protection aérienne, placée à 2,50 m au dessus du niveau de l’eau, rend les poissons hors de portée des prédateurs aviaires.

La souplesse des monofilaments d’un diamètre de 2 mm dissuade les oiseaux de se percher au dessus des bassins et réduit considérablement tous les autres facteurs épidémiologiques.

Tous les poteaux de soutènement de l’ossature ont été équipés de systèmes dissuasifs destinés à éviter le stationnement des oiseaux sur ces perchoirs improvisés. Développés en partenariat avec le Département Ingénierie d’Electricité de Strasbourg Réseaux, les différents dispositifs testés ont tous donnés entière satisfaction.

5. Durabilité des dispositifs:

Les conditions climatiques particulièrement rigoureuses en janvier 2013 nous ont permis de collecter de nombreuses données techniques qui complètent le bilan d’efficacité du prototype.

Une importante couche de verglas agglomérée sur chaque filament a engendré une importante charge pondérale et a permis de tester la résistance mécanique de la structure porteuse et des câbles de fixation de la protection aérienne. Aucune déformation ou rupture des éléments métalliques a été constatée. L’élasticité du composant (Perlon) des monofilaments, tendus individuellement à 15 kg, a servi d’amortisseur à l’exceptionnelle contrainte générée par le poids de la glace.

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Un évènement climatique exceptionnel a également permis de vérifier la solidité du châssis autoporté en câbles et le système de fixations des monofilaments sur leurs supports intermédiaires au moyen d’agrafes métalliques.

Lors d’un orage particulièrement violent, une grosse branche d’arbre s’est abattue sur la structure. Les fibres en Perlon® ont simplement coulissés sur leur support sans rompre ni se détendre. Une telle éventualité avait été intégrée lors de la conception du prototype. La remise en état a nécessité une petite intervention de 30 minutes pour repositionner les monofilaments à leur place initiale.

 

Ces points de vérification concernant la solidité du dispositif constituaient l’ultime réserve émise par les techniciens des représentants de la filière aquacole.

6. Ergonomie du travail et facilité d’entretien:

Toutes les anciennes protections mécaniques, y compris celle testée par le GORNA lors de la première expérimentation en 2009, sont extrêmement pénalisantes pour le confort de travail de l’exploitant et génèrent d’importantes pertes de temps.

La nouvelle solution supprime tous les inconvénients précédents.

L’absence de mâts centraux permet la récupération des poissons à l’aide d’un filet flottant sans obstacles.
La hauteur de la couverture horizontale (2,5 m) permet de travailler en position verticale et d’utiliser des épuisettes pour le chargement des poissons.

Les véhicules de transport peuvent continuer à accéder à proximité des bassins. Les chargements peuvent être réalisés sur l’ensemble de la périphérie de la structure grâce à un système de coulisse des filets latéraux.

En dehors d’une surveillance régulière des installations, cette méthode ne requiert aucun entretien particulier.

 

7. Adaptabilité du procédé à d’autres usages:

Dans le cadre de cette expérience, nous avons volontairement testé une surface trapézoïdale qui présente des contraintes techniques plus complexes de mise en œuvre. La majorité des bassins des piscicultures en eau douce sont de forme rectangulaire, ce qui facilite la mise en œuvre de ce procédé.

Cette solution est destinée à répondre aux spécificités des différentes spécialités (salmonidés, carpes…) des exploitations piscicoles.

Elle est parfaitement adaptable à toutes les tailles de bassin quelle que soit leur configuration.

Dés à présent, le concept ALSA-PISCI-PROTEC est décliné en deux versions :

Sans soubassements pour les piscicultures récentes disposant de bords de bassins bétonnés résistants

Avec soubassements pour les piscicultures anciennes

Afin d’étendre la polyvalence de cette méthode à d’autres activités aquacoles plus spécifiques, des concertations techniques sont en cours avec des spécialistes de filières professionnelles.

 

8. Standardisation et maîtrise des coûts:

Hors études préliminaires non renouvelables (recherches préparatoires, investigations géotechniques et ingénierie conseil), le coût réel de construction de la structure expérimentale est de 56 120 € HT pour 4 875 m2.

Par ses performances environnementales et économiques, ce nouveau concept coïncide parfaitement aux conditions d’éligibilité pour l’octroi d’une subvention de 40% (donnée 2012) du montant des investissements alloués aux exploitants aquacoles par le  FEP (Fonds Européen pour la Pêche).

 

Le concept ALSA-PISCI-PROTEC est décliné en deux versions :

  • Sans soubassements pour les piscicultures récentes disposant de bords de bassins bétonnés résistants :

Coût au m2                                                           7,29 € HT

Minoration 40% FEP                                          –   2,92 € HT

Solde réel à la charge de l’exploitant                4,37 € HT/ m2

  • Avec soubassements pour les piscicultures anciennes :

Coût au m2                                                          11,50 € HT

Minoration 40% FEP                                           –  4,60 €  HT

Solde réel à la charge de l’exploitant                 6,90 € HT/ m2

 

 Objectif budgétaire :

Avec un amortissement comptable d’une durée de 15 ans, l’investissement de l’exploitant devrait être inférieur aux pertes occasionnées par la prédation pendant cette période et rentable dès la première année.